L’Europe, la France, le BPJEPS et l’immobilisme

Depuis le temps qu’on l’attend, voilà donc le verdict, dernier chapitre d’une longue histoire sans rebondissements…

Le métier réglementé « d’éducateur sportif »

Nous en étions arrêté au précédent épisode à l’échéance d’un mois par rapport à l’article, ou chaque pays devait donner la liste de ses professions réglementées et les conditions d’accès à la profession. Cela nous a donné un magnifique site, où chaque métier est référencé avec ses conditions :

 

http://ec.europa.eu/growth/tools-databases/regprof/index.cfm?action=homepage

On y retrouve donc notre gentil petit animateur d’équitation, avec toutes les conditions qu’on connait :

http://ec.europa.eu/growth/tools-databases/regprof/index.cfm?action=regprof&id_regprof=30371&tab=general

Le moteur de recherche intégré, bien pratique, va nous permettre de voir que la France est bien aussi seule qu’on le pensait. C’est avec espoir qu’on recherche un peu plus sur le sujet.

C’est le 22 décembre 2016 que l’on va voir apparaître l’ordonnance qui parle enfin de ce qu’on espérait tant : la reconnaissance de la qualification professionnelle.  Voyons donc  l’ordonnance n° 2016-1809 ainsi que son rapport :

Le rapport : https://www.legifrance.gouv.fr/eli/rapport/2016/12/23/ECFI1618492P/jo/texte

L’ordonnance :https://www.legifrance.gouv.fr/eli/rapport/2016/12/23/ECFI1618492P/jo/texte

L’un comme l’autre, on a beau fouiller, on n’en tire pas grand chose. On sait qu’il y a 54 spécialisations d’éducateurs sportifs, mais tout ce qui change, c’est que pour exercer de manière ponctuelle, il y a juste besoin d’un an d’expérience à l’étranger au lieu de 2.

Ce qui devient plus déplaisant, c’est qu’au final il ne s’agit pas d’harmonisation entre les pays, mais juste de la reconnaissance des qualifications professionnelles. En gros, la question est juste de savoir comment on fait pour intégrer les moniteurs des autres pays.

On se sent bien triste avec ce petit rapport, et un peu déçu. Mais bon, ça fait 1 an que le sujet traine, il faudrait fouiller un peu plus sur le Net pour voir si y’a pas du nouveau.

La France est déjà en règle !

C’est l’iFCE qui apporte enfin du nouveau. Si le rapport date de l’été dernier, il contient du croustillant :

https://www.ifce.fr/wp-content/uploads/2016/08/MI_Note-Europe-%C3%A9t%C3%A9-2016.pdf

« S’agissant des éducateurs sportifs, la Note des autorités française indique (p.12 et 13) que la réglementation actuelle n’induit pas de discrimination à l’égard des ressortissants européens et ne constitue pas un obstacle à la mobilité »

Oulà, ça sent pas bon tout ça. Cherchons un peu cette fameuse note, histoire d’avoir toutes les infos…

http://ec.europa.eu/DocsRoom/documents/20366/attachments/10/translations/fr/renditions/native

On a enfin de quoi manger \o/ Bon, ce n’est pas forcément la réponse espérée, mais il y a au moins du contenu.

Donc la France, seule pays a réglementer le métier d’animateur d’équitation, a estimé que ça ne posait pas de problèmes, vu que ceux qui ont demandé à s’installer en France n’ont pas ou peu été refusés (on parle que de 1400 demandes d’éducateurs sportifs, dont une petite centaine refusée, en 17 ans, soit moins de 100 par an, tous secteurs sportifs confondus). Leur conclusion est donc que le système de validation actuel est suffisant et adapté aux besoins du marché. Bon, on ne tient pas compte de ceux qui ont abandonné les démarches face au problème, mais ceux là ne doivent pas apparaître dans les statistiques…

Conclusion ?

Pour les Français, rien ne bouge. Les BPJEPS ont vu leur formation évoluer mais persister, donc tout va bien dans le meilleur des mondes !

Pour les étrangers :

  • Pour du temporaire, un an d’expérience professionnelle est suffisant pour enseigner
  • pour du permanent, la procédure est toujours la même. Passage par le CIEP pour faire reconnaître son niveau, et on peut enseigner.

Au final, qu’est-ce qui est le plus rentable ? passer le BPJEPS, ou faire un détour par l’étranger ?

Moi qui partais dans des recherches complexes aux enjeux intéressants, au final tout a été balayé dur revers de la main par une note à la méthode Coué, sans se poser la question de savoir si le système en place est si bien que ça. Dans un secteur si vaste qu’est l’équitation, on se dit que les administrations passent, encore une fois, à coté de ce qui est vraiment important…

2 thoughts on “L’Europe, la France, le BPJEPS et l’immobilisme

  1. Lou

    Aaarf tellement déçu, la France ca donc continuer à cultiver la médiocrité. Je vais pour ma part m’installer en Suisse. Je reviendrais faire des cours en France illégalement et ce sera très bien comme ça comme depuis une dizaine d’année. Le problème de la FFE c’est qu’elle a le monopole !!!! Il faudrait surtout une fédération des sports equestre genre FFSE Mr godignon, Mme cancre une petite idée pour concurrencer la ffe? Beaucoup de club sont prêts à changer de fédé une étude de marché toute bête vous le démontrerait facilement et rapidement !!!!!!!!!!!!!!! La France est vraiment ridicule jusqu’au bout !!!!!!

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  2. mklcm

    Tout à fait d’accord avec vous, Lou, la FFE a le monopôle( c’est peut être la dessus qu’il faudrait chercher).
    Merci à Vous Misric pour ces deux post si clairs. Dommage de voir inscrit dans une loi autant d’Hypocrisie ; une personne n’est pas compétente à enseigner si elle demande une rémunération.. c’est un peu cela que je lis non? interdit d’enseigner contre rémunération, mais gratuitement on peut, nous sommes compétents..et Mer**

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