A vaincre sans péril, on triomphe sans gloire

Il y a des fois où on se demande si on a fait le bon choix, s’il ne vaut mieux pas laisser tomber. Mon instinct m’a dit qu’il fallait tout donner pour elle, sans jamais renoncer. Avancer parfois seul, dans le noir, sans espoir. Juste de la confiance. Suivre docilement le mouvement. Avancer. Des fois j’ai eu peur, des fois j’ai eu mal. Mais au final, mon instinct avait raison. La confiance que j’ai donné a trouvé un coeur en or…

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C’était il y a longtemps. Il y avait plein de monde qui avaient pour moi la même importance. Des personnes que je connaissais peu, pas une différente des autres. Quoique.

Il faut savoir des fois se laisser porter par l’instinct. Une personne en particulier à accroché mon regard. Elle n’avait rien de particulier, n’était pas spécialement bavarde ou accueillante. Rien de plus que n’importe qui. Mais c’était sur elle que mon regard s’est arrêté. Pourquoi cette personne? aucune idée. Mais je savais déjà qu’il y avait là quelque chose que les autres n’ont pas. Depuis ce jour, plus rien ne pourrait me faire lâcher prise. A première vue, ça fait un peu « macro » qui s’acharne sur sa proie. mais quand le macro est la confiance et la proie une amitié, tout devient beaucoup moins violent.

J’ai déjà été amené à gagner l’amitié et la confiance d’autres personnes, et ça se passe plutôt bien tant que la personne est ouverte et disponible. Je me suis très vite rendu compte dans ce cas que non seulement la personne n’était pas ouverte, mais qu’en plus elle était étanche et totalement invulnérable. Le blockhaus comme j’aimais l’appeler. De toutes mes tentatives, pas une ne passais. L’impression d’être face à un mur.

J’avais pourtant tout essayé. De la confiance, versé à profusion. De la disponibilité, autant que je pouvais, parfois même à mes dépends. Des erreurs fatales aussi, qui faisaient reculer plus qu’autre chose. Peu de retours, des silences, des absences. La route fut longue et sinueuse, et parfois j’ai bien cru que jamais j’allais y arriver. Mais j’avais confiance, et pour rien au monde je voulais retirer cette confiance qu’elle semblait prendre timidement.

Ce genre de chemins à plusieurs effets de bords. Déjà extérieurement pour les autres. Certains sont déjà en couple avant d’avoir obtenu la moitié de la confiance qu’on peut maintenant avoir, du coup on est très souvent assimilé à un couple. En y repensant, on a fait énormément de choses qui pourrait légitimement laisser penser à un couple. Mais non, les choses sont très claires entre nous, et l’ont toujours été.

Ensuite, quand on donne l’impression d’être un couple, ça pose beaucoup de soucis avec son vrai couple. C’est tellement dur de faire comprendre à son partenaire qu’une recherche de confiance peut aboutir à autre chose que de l’amour, que ça oblige des fois à vivre dangereusement. C’est un risque à prendre, juste par protection, sans vouloir de mal.

De cette période où on a pas de réponse d’un coté et de la suspicion de l’autre, n’en sort que peu de chose. C’est là qu’entre en jeu un élément décisif : la patience. Qu’est-ce que j’ai pu la conseiller à d’autre, cette saloperie de patience. Et la voilà qu’elle me met à l’épreuve. Ce fut dur. Ce fut long. Je croyais vraiment que je n’allais pas conserver cette patience si indispensable. Mais finalement tout à une fin, et peu à peu les choses se sont améliorées.

Les premiers contacts sont finalement revenus, inespérés. Mais il ne faut pas se jeter, car tel une palourde, la confiance se referme d’elle même si le danger est trop proche. Elle s’est refermée plusieurs fois à causes d’erreurs, mais progressivement le chemin commence à se faire. Un pas en avant, deux en arrière, mais au final les choses avancent.

Pardonner tout. Excuser tout. Admettre tout. La confiance, c’est rester coûte que coûte sur le chemin, et revenir même si on se prend des coups. Si on y croit, alors c’est bon. Partant de là, j’ai persisté doucement. Patience une nouvelle fois, mais cette fois-ci on avançait. Même si elle frappait, insultait ou pire, je sentais dans ses pointes d’humour un certain plaisir de pouvoir le faire sans que ça soit vraiment pris au sérieux. Qu’est-ce qu’on a pu s’engueuler, juste pour le plaisir de se lancer des insultes. C’était rarement vraiment méchant, on savait très bien tous les deux quand c’était du vrai ou du faux (enfin, presque toujours). Cette complicité a probablement bien aidé, même si j’ai pris cher dans l’affaire…

Récemment, et je ne sais pour quelle raison, j’ai senti la faille dans ce que je pensais invincible. Cette faille tant attendue s’est timidement ouverte à moi. Rien ne sert de comprendre pourquoi ni comment. Juste elle est là. C’est peut-être cette ouverture qui se présente que je recherchais depuis si longtemps. C’est un moment important, il semble que le dernier passage ai laissé des blessures qui peinent à cicatriser, et il ne faut pas recommencer.

De toute façon, je suis déterminé. Ma confiance n’a pas de limite, et je commence à apercevoir derrière cette muraille ce que j’avais deviné depuis le début : quelqu’un avec un grand coeur, et qui mérite largement tout le chemin que j’ai fais. Je compte bien le découvrir et en prendre soin du mieux que je peux, simplement parce qu’elle le mérite.

J’aime avoir un lien fort avec une personne. J’aime être heureux parce qu’elle est heureuse. J’aime être inquiet quand cette personne est malheureuse. Je veux juste en prendre soin comme personne pourrait le faire. Juste par amitié, et parce qu’elle le mérite.

Dans un dessin animé, une phrase d’un petit personnage m’a beaucoup marqué : « Vous savez quelle est la différence entre un copain et un ami? Bah ami, ça rime avec la vie »

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